Les relations anglo-américaines de 1945 à 1990 :
une « Special Relationship » ? Michael Parsons
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Cinquante-et-unième
Etat, satellite, Etat client, porte-avions amarré au large du continent européen ?
Ou allié fidèle, partenaire dans une relation privilégiée enracinée dans
des valeurs, une philosophie et une culture partagées ? Quelle est la véritable
place du Royaume-Uni à l’égard des Etats-Unis au cours des années qui ont
suivi la deuxième guerre mondiale ?
La
collaboration entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, notamment dans les
domaines de l’armement nucléaire et du renseignement, ainsi que les relations
souvent étroites entre responsables politiques, diplomates et militaires des
deux côtés de l’Atlantique, permettent bien de penser qu’il existe – ou,
du moins, qu’il a existé à certains moments de l’histoire – une special
relationship anglo-américaine. Certes, le déclin relatif du Royaume-Uni
depuis la guerre, au moment où la puissance des Etats-Unis s’affirmait de
plus en plus, a souvent rendu cette relation dissymétrique, mais il ne l’a
pas éliminée pour autant.
Le
concept, rendu célèbre par le discours prononcé en 1946 par Winston
Churchill, à Fulton, dans le Missouri, renvoie à l’expérience commune de la
guerre et, surtout, aux rapports personnels entre Roosevelt et Churchill lui-même.
Churchill appelait à la poursuite, en temps de paix, de cette relation forgée
au moment de la guerre. Elle a pourtant été mise à rude épreuve, dès la fin
des combats, lorsque les intérêts des deux alliés semblaient diverger.
Ce
fut la réorganisation du monde en deux blocs, de part et d’autre du rideau de
fer qu’évoqua Churchill dans ce même discours, qui entraîna un nouveau
rapprochement entre les deux Etats, désormais partenaires, quoique de poids inégal,
dans la mise en place d’une alliance des pays de l’Ouest. Cette association
n’empêchera pas des tensions, parfois vives, provoquées par des conflits
d’intérêt qui ne mettaient pas en cause la solidarité patiemment construite
pour faire face à l’Union Sovietique, mais elle fournira aussi, parfois,
l’occasion d’une complicité rare entre deux pays. Cette special
relationship est surtout visible entre certains dirigeants, comme Harold
Macmillan et J. F. Kennedy, ou Margaret Thatcher et Ronald Reagan, pour ne
nommer que les deux « couples » les plus célèbres, même si les
rapports n’ont pas toujours été aussi étroits. Edward Heath, par exemple,
évita soigneusement tout ce qui pouvait laisser croire à une relation privilégiée
entre Royaume-Uni et Etats-Unis, pour donner la priorité aux relations
britanniques avec l’Europe.
Cette
relation s’étiola progressivement à mesure que le rôle mondial du
Royaume-Uni diminua, surtout à partir de la fin des années 1960, avec
l’annonce de l’abandon des bases militaires à l’Est de Suez, d’une
part, et le rapprochement du Royaume-Uni avec l’Europe, d’autre part. Après
la chute du Mur de Berlin, elle semblait même condamnée à disparaître, malgré
la participation importante des forces britanniques au sein de la coalition formée
derrière les Etats-Unis lors de la guerre du Golfe, mais les deux pays semblent
aujourd’hui se rapprocher de nouveau – pour le meilleur ou pour le pire –
au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Cet
ouvrage tente de donner quelques éléments permettant de déterminer, pour les
années 1945-1990, les contours de cette specialrelationship, qui échappe à toute définition simple, et de
distinguer la réalité du mythe.
Un
ouvrage de 160 pages, format 148*210 qui contient en outre :
22
documents primaires en encadré,
30 citations d’hommes politiques ou autres acteurs
de la période,
15 liens Internet vers des sources fondamentales.
Michael Parsons est
Professeur d’Anglais a l’Université de Pau et des Pays de l’Adour où
il enseigne la civilisation britannique. Il est l’auteur notamment
d’un ouvrage sur la guerre des Malouines : The
Falklands War, Sutton, 2000.